6. Two girls

mug two girls

Plusieurs jours se sont écoulés depuis mon mensonge concernant Zacharie et ma triste visite chez Julie. Eduardo m’envoie des messages auxquels je ne réponds pas. Pas envie de m’enfoncer dans mes mensonges et pas envie d’avouer la vérité.

Chez moi, pas d’entraînement musical. Juste de la lecture et parfois, une série. Au boulot, je m’imprégnais des paroles de Clémence. Je m’abreuvais de chacun de ses mots. Ainsi, j’appris comment parfaire sa manucure maison, pourquoi préférer les produits de beauté de marque asiatique, comment cuisiner des crêpes sans sucre et préparer une pâte à tartiner sans sucre également. Plus j’apprends à la connaître, plus je la trouve superficielle et plus je me trouve aussi superficielle. Comme je n’ai plus de nouvelles de mes amies depuis un moment, je n’ai personne pour discuter de ce genre de trucs. Des trucs frivoles, que je m’empresse de noter afin de ne pas les oublier. Et cher journal, si c’est ça être superficielle, je crois que cela me plaît. Donner de l’importance à ce genre de petits détails me permet d’oublier temporairement les soucis un peu plus… important… Ainsi, l’image de Julie lavant les tasses avec cet air si mélancolique s’efface peu à peu, remplacée par une autre sur laquelle j’ai mentalement épinglée : « Acheter un nouveau mug ». J’aimerais bien en avoir un décoré selon mes goûts. Un objet qui n’appartiendra qu’à moi. Que je n’utiliserai pas pour les invités. Et à cela, je complétai l’image par une secondaire : «  Acheter un mug pour les invités ». Les personnes qui viennent me voir dans mon appartement se font rares. Ce serait sympa, je pense, d’en avoir une dédiée pour ceux qui traînent souvent dans les parages. Mais…

– Tu m’écoutes ? me demanda Clémence à cet instant.

– Oh, oui… Pardon… Je pensais à des tasses, des mugs…

– Tu veux personnaliser ton intérieur ?

– Pas aussi poussé que ça… Juste… Des petits détails, de-ci et de là…

Clémence pencha la tête sur le côté. Ses boucles blondes retombaient en cascade sur ses épaules. Son menton est si fin, qu’il se résume à une petite pointe. Ce qui contraste avec ses grands yeux verts. Elle ressemble à un chat. A un grand chat. Même sans porter de talons, elle me dépasse d’une bonne tête, alors quand elle en porte… Elle est plus grande que notre superviseur qui je crois, a le béguin pour elle. Une sorte de petit coup de cœur, pas bien méchant, je l’espère, car il a douze ans de plus qu’elle, est marié et à deux enfants… Les hommes ont le droit de regarder aussi. De se rincer l’œil…

– Ecoute, Théo. J’ai un super plan ce weekend, ça te dit de venir ?

– Je ne sais pas, bredouillais-je.

– Ce sont des copains de mon ancienne fac qui font un tour en ville.

– Je n’ai pas envie de m’incruster…

– Arrête de dire des bêtises !

Clémence me fit promettre de ne pas me défiler et de préparer une tenue sympa pour vendredi soir. Mais c’est dans deux jours… Et je préfère acheter mes tasses… Et, combien de temps Eduardo va-t-il rester dans les parages ? Si c’est de l’abus de décliner encore l’offre de Clémence, qu’en est-il pour Eduardo ?

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