2. Il pleut…

Ce matin, il était pénible de se rendre au travail. Humidité et vent ne font pas bon ménage quand on a les cheveux à tendance rebelle. Il faisait encore nuit et je regrettai les matinées automnales où le ciel se teintait de rose, annonçant le lever du soleil. On dit que l’automne est la période la plus triste, mais pour moi c’est l’hiver. Dès que les fêtes sont terminées, je désire hiberner comme un ours. Mais maintenant, je travaille. Pas exactement dans le domaine que je souhaitais : la musique. Néanmoins, je me considère chanceuse d’avoir obtenu un poste comme secrétaire dans l’université de la ville. Comment j’ai atterrit là ?  Et bien, la musique ne ment pas et le statut de mon père adoptif n’aide pas les notes du piano et de la guitare à impressionner un jury. Pas besoin de préciser que Zacharie m’a enguirlandé de ne pas avoir présenté un morceau au violon à la place de la guitare. Ce n’est pas grave, je lui ai répondu, je tenterai de nouveau ma chance l’année prochaine. En attendant, pas question de lambiner. Et j’ai décroché ce poste. Au boulot, je saluai mes collègues : Karine et Clémence. Cette dernière a mon âge tandis que Karine a la trentaine, mariée, un enfant. Cela ne fait pas longtemps que je suis embauchée ici, mais l’ambiance est sympathique et les horaires très arrangeant. Pas d’heures sup, donc du temps pour répéter ma musique. Avec l’accord de Gabriel, je me suis inscrite sous mon nom de naissance. J’espère que cela ne l’a pas trop peiné, mais j’aimerais tenter de mener une vie loin des prétendants aux dents longues pendant quelques temps. Les gens m’ont connu en tant qu’orpheline, puis en tant que princesse débutante, pas en tant que femme. Une femme comme les autres, active et célibataire… A cette pensée, j’avais poussé un profond soupir, ce qui interpella Clémence. Elle m’a proposée de sortir ce week-end. Je ne suis pas particulièrement emballée… Mais je n’ai pas osé refuser, de peur d’empêcher la formation de liens amicaux. J’appris qu’elle était célibataire depuis peu. Comme prévu, elle sauta presque au plafond quand je déclarai mon célibat de 4 ans. Elle m’en demanda la raison, ce à quoi je répondis que je n’ai pas eu le temps de penser aux hommes. Mouais… J’aurais pu trouver une meilleure excuse parce qu’elle ne sembla pas me croire. Lorsqu’elle me dévisagea un moment avant de se focaliser de nouveau sur son ordinateur, je fus rassurée que les tabloïds ne se soient pas trop intéressés à moi. Gabriel a la plus haute position de la région en terme de fortune et de richesses, mais par chance il existait des jeunes nobles adeptes de la bouteille et des fesses à l’air pour que la dernière photo de moi dans un magazine remonte à mon dernier été avec Nathan. Je trouvai cette journée de travail fatigante car je restai presque suspendue au téléphone. A la fin de celle-ci, c’était pour rentrer sous la pluie. Je ne l’aime pas. Elle me rappelle Nathan et me rappelle que je suis seule. Je me suis demandée ce qu’il pouvait bien faire. Etait-il avec une autre femme ? En 4 ans, ce serait tout naturel… Et je fus contente qu’il pleuve car je pus relever la tête sans craindre que quelqu’un ne me voie pleurer.

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