L’intruse : 1.2 La cage dorée

Chapitre 1 partie 2 : La cage dorée

Quand la princesse atteint ses seize ans et que les premiers prétendants se présentèrent au palais, la reine se chargea d’expliquer à la jeune fille ayant atteint le même âge ce qu’étaient les sentiments amoureux. La reine lui légua quelques romans sur l’amour courtois, mais c’est en observant qu’elle apprit le plus.

En effet, la princesse Elaine était loin de respecter les anciens codes et très vite, ramena des hommes jeunes comme âgés dans sa chambre. De sa cage, la jeune fille observait ce qu’il se passait quand la porte se refermait et qu’ils se retrouvaient couchés dans le lit. Parfois troublée, d’autres fois dégoûtée, elle se demandait quelle sensation de bien-être les poussait à gémir ainsi.

L’acte accomplit, certains prétendants s’approchaient de sa cage pour l’observer à leur tour. La princesse les en empêchaient assez souvent. La jeune fille remarqua bien vite qu’elle n’agissait ainsi qu’envers les hommes qui s’étaient comportés sauvagement, faisant trembler le lit durant leurs ébats.

Toutefois, ce rythme s’arrête quelques années plus tard, lorsque la princesse se décide de se marier à un prince d’une contrée lointaine.

A vingt-et-un ans, elle est donc fiancée et son union a bientôt lieu.

La jeune femme est habituée depuis quelques mois à voir le même homme s’introduire dans la pièce et pousser la princesse sur le lit. Il ne prête jamais attention à elle, ce qui ne lui déplait pas. Si les bonnes vantent la beauté nordique du prince, la jeune femme ne lui trouve aucun intérêt. En réalité, elle n’a jamais montré un quelconque sentiment à l’égard des hommes qu’elle a vu défiler.

Un soir, alors que la princesse est endormie, le prince s’approche de la cage. La jeune femme dort également à poing fermés, quand elle sent une main caresser sa tête. Seule la reine pose ce geste affectueux sur elle, mais ce n’est pas le cas. Il n’y a ni chaleur ni tendresse dans ce geste, juste de la curiosité.

La jeune femme se réveille en sursaut et pousse un cri de surprise qui sort la princesse Elaine de sa torpeur. Cette dernière se redresse pour crier sur l’impudent.

– Je n’hésiterai pas à sévir si tu t’approches d’elle, car je veux qu’elle conserve sa voix pure !

– Oh ! Tu crois sincèrement que l’innocence conserve sa voix ? Je me demande qui est la plus naïve d’entre vous… répond-il d’une voix doucereuse qui fait frémir la jeune femme.

Le prince se recouche près de sa promise et pendant qu’ils se réconcilient sur l’oreiller, la jeune femme se trouve en prise avec des tourments.

Personne ne l’avait encore touché sans la permission de la princesse. Et lui, cet homme, n’a pas hésité à braver l’interdit. Elle se recouche en grelottant d’angoisse.

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